Maintenant que j'ai le monopole du Tableau j'en profite !

 

 

LE GEAI PARE DES PLUMES DU PAON

        Un Paon muait ; un Geai prit son plumage ;
            Puis après se l'accommoda ;
Puis parmi d'autres Paons tout fier se panada,
            Croyant être un beau personnage.
Quelqu'un le reconnut : il se vit bafoué,
            Berné, sifflé, moqué, joué,
Et par Messieurs les Paons plumé d'étrange sorte ;
Même vers ses pareils s'étant réfugié,
            Il fut par eux mis à la porte.
Il est assez de geais à deux pieds comme lui,
Qui se parent souvent des dépouilles d'autrui,
            Et que l'on nomme plagiaires.
Je m'en tais, et ne veux leur causer nul ennui :
            Ce ne sont pas là mes affaires.

 

Jean de La Fontaine, Fables, livre IV, fable 9.